Interview Bison Bisou

Bison Bisou est une des dernières sensations indie rock, dans le genre At The Drive-In,  avec un rock chavirant et énergique à souhait et pourvu d’une atmosphère brute aux dissonances certaines. Originaires de Lille, et issus de formations telles que Tang, Das Model, X.b ou bien Sexual Earthquake In Kobe, Charly Lazer (chant), Nicolas Casiez (Guitare), Christophe Baisez (Guitare), Bastien Gournay (Batterie) et Sébastien Lordez (Basse) alternent des rythmes post-hardcores et des sonorités plus subtiles au son puissant et sombre, à la fois intense et viscéral.

(Photo Renaud Coilliot)

http://www.facebook.com/BisonBisou

http://bisonbisou.bandcamp.com/

http://vimeo.com/38954309

 

Comment le groupe a-t-il débuté ?

Initialement, c’était juste pour se marrer un soir. Chaque année, une salle Lilloise qu’on fréquente souvent (La Malterie) organise une soirée «Hootenanny», un genre de petite sauterie autour d’un thème imposé (ex : The Clash, Joy Division etc.). En 2010, il fallait reprendre Iggy Pop et on s’est proposé de faire quelques titres avec Charly (Chant), Christophe (Guitare) et moi-même (Guitare). Pour l’occasion, deux potes nous avaient rejoint (Thibaut de Ed Wood Jr et Jeff de Héliport). On a passé une soirée de type cool et on s’est dit après coup qu’il faudrait peut-être envisager de monter un véritable projet. Début 2011, Bastien (Tang) et Séb (Das Model), sont arrivés. On a très vite booké quelques dates et on s’est lancés dans l’écriture d’un vrai « set ».

Quelles sont vos influences en musique ?

Elles sont super larges! On écoute tous beaucoup de Post -Hardcore, du Punk, du Noise, de la Pop, du Black métal… des tas de choses. On nous dit parfois après des concerts « Hey put***, les mecs, ça me fait penser à Robocop Kraus ! Ou à  At The Drive-In, Q and Not U, voire même à Foals ; il y a sans doute un peu de tout ça dans Bison Bisou (Même si personne ne nous a encore comparé à Slayer, et ça, c’est une grande déception !!).

Ressentez-vous ce désir d’expérimenter et d’aller au-delà des barrières délimitant les différents styles musicaux ?

Un peu oui, mais c’est assez récent. Nos premiers titres, par exemple, ont tous été écrits dans l’urgence, ils sont assez bruts et énergiques, finalement peu intellectualisés. Plus le temps passe et plus on s’attarde sur la structure des chansons, les textures, les ambiances. On essaye à présent de travailler sur les effets, les dissonances, les voix… On est d’ailleurs un peu partagés sur l’utilisation future de nappes de clavier. De façon générale, je crois qu’on se fiche un peu de faire du post punk ou de l’indie rock, ou encore de respecter tel ou tel code. Si demain on trouve une belle ligne de flûte, alors on essaiera sans doute d’en faire quelque chose !!

Pourrais-je avoir votre avis sur les « faiseurs de mode » en général ?

Ça ne fait pas vraiment partie de notre démarche de surfer sur les tendances. Ce serait même un peu raté si c’était le cas. Puis globalement, le concept même de mode dans le rock est difficile à définir, selon moi. Tu prends un groupe comme Cloud Nothings, complètement génial, qui ne fait finalement que du rock un peu grunge, qui aurait été perçu comme has been dans les 2000’s et qui, cette année, explose complètement… Ou encore La Dispute, qui ne fait rien d’autre que ce que faisaient Amanda Woodward ou Yage il y a 10 ans… Et tu te rends compte que les tendances ne veulent plus dire grand-chose… J’allais maintenant commencer à parler de démarche artistique, d’intégrité DIY etc. mais l’interview deviendrait un peu chiante, alors passons à autre chose.

Valorisez-vous l’aspect du « fait par soi-même » et l’authenticité, y-a-t-il un déni chez vous du vedettariat ?

La plupart des membres du groupe sont habitués à un mode de fonctionnement DIY, justement. Ça fait partie de notre culture. On a d’ailleurs collaboré pour notre premier EP avec le label Crust Caviar, qui entre entièrement dans cette logique. Ils nous ont proposé de sortir de beaux vinyles, de toutes les couleurs, avec de jolies sérigraphies handmade, on a tout de suite accepté. Notre prochain EP sortira lui aussi sur un petit label (Ideal Crash) qui fait de chouettes objets avec les moyens du bord. Ce sera très beau sur les étagères. Sinon, un déni du vedettariat, je dirais "Pas pour autant!"… Si demain on nous proposait un gros paquet de fric en nous laissant libres de nos choix artistiques, je pense que ça mériterait réflexion! (rires)

(Photo Yannick Lagier)

Comment se développer en conservant les ambitions de départ ?

C’est difficile, car se développer c’est du temps et de l’investissement, humain et personnel. On fonctionne toujours aujourd’hui de façon indépendante, ce qui implique de trouver des dates nous-même, d’organiser la vie du groupe en fonction de nos disponibilités, de nos jobs etc. On ne gagne pas notre vie grâce à la musique, donc il n’y a pas de véritables attentes, ni d’objectifs précis, si ce n’est de continuer à se marrer, tourner un maximum, et de profiter de notre statut de jejouedansungroupederock, les filles paumées adorent ça (rires).

Peux-on parler de cross-over 90′s-2000, associé à l’urgence punk ?

Artistiquement, sans doute. Ce sont des périodes musicales qui ont bercé notre adolescence et par extension, notre façon d’appréhender la musique. On assume ça assez bien de façon générale. En puis révolutionner la musique, il paraît que ça prend beaucoup de temps et qu’il faut du talent (rires).

Sinon, je pense qu’associer notre musique au mouvement Punk, ce serait excessif. Et même si on le faisait, alors on dirait que c’est du punk de salon. On ne peut pas dire que Bison Bisou véhicule vraiment un message engagé ou revendicatif.

Que reste-il du punk et de ses messages politiques ou nihilistes?  Le jalon essentiel du punk est-il cassé?

Il faudrait poser la question à des punks! S’ils existent vraiment. Honnêtement, avec le mot « Bisou » dans notre patronyme, comment pourrait-on rester crédibles en argumentant sur les « jalons essentiels du punk » ? J’aurais préféré une question sur les licornes ou les écrevisses, elles ne véhiculent souvent aucun message et sont très agréables à observer !!

Nico (Guitare)

(Photo Nicolas Djavanshir)

Remerciements: Bison Bisou

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