Interview Monkey Anna

On a rendez-vous un mercredi après-midi dans un café sympathique parisien pour une rencontre avec Anna Brooke, tête pensante du projet pop Monkey Anna. Charmé par son projet musical empli de joie et de bonne humeur, nous le sommes tout autant par la jeune femme à l’accent délicieusement anglais, et à l’énergie débordante. Avant de la retrouver sur scène le 23 août à la Bellevilloise pour un concert à ne pas louper, et pour la sortie de son EP en septembre prochain, Anna se dévoile à Agorafrog. « Follow me, let’s have some fun ».

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Salut Anna, commençons par le début si possible : comment est né le projet Monkey Anna ? Il y a combien de temps ?

En fait, au début on a fait une chanson surtout pour rigoler, avec un clip, et à partir de ce moment-là je voyais la réaction des gens et le plaisir que j’avais eu à le faire. Ensuite ça m’a pris un peu de temps à trouver la personne avec qui travailler et il y a un an et demi j’ai rencontré Matthieu Joly, un compositeur, qui est dans le groupe Neïmo et qui a bien aimé l’univers. On a donc fait quelques chansons. Entre temps, le MUDAM, le musée d’art moderne du Luxembourg, est tombé sur le projet et ils on voulu me booké pour l’anniversaire des 5 ans du musée. A vrai dire, à ce moment là on n’avait même pas assez de chansons pour faire le concert. Mais on a dit oui on le fait, et avec Matthieu on a écrit quelques chansons de plus. Il y a un an de ça. Je n’avais pas encore de visuel, mais la vie est bien faite, mon chéri est réalisateur. Donc on a voulu associer le fait de ne pas avoir de musicien avec moi sur scène et on a créé le Monkey Anna TV Dinner Show. Concept un petit peu « arty » qui plaisait au musée, donc on a continué.

Comment définies-tu ta musique ?

Je m’attendais à cette question, c’est vrai que ce n’est pas forcément évident. Mais pour moi c’est de la pop. L’une des présentatrices de la BBC qui a adoré le morceau Mojito Style, a trouvé un terme que je trouve absolument génial pour expliquer, elle a parlé de « cheeky pop » et je trouve que c’est presque un nouveau genre, ça me plait, mais c’est de la pop qui tire sur des références de rock, de disco, des années 80, de la comédie musicale. Donc oui je pense que c’est du cheeky electro pop. Puis le côté visuel, scénique, est très important dans ce projet.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans cette pop légère et festive ? Parle-nous de tes textes ?

En fait, le but à la base c’est de créer une histoire par chanson, d’avoir des chansons un petit peu « con ». Ce n’est pas vraiment ça, mais voilà on va dire légères, bourrées d’autodérision. Après avec quelques idées de thèmes, que je retrouve dans la vie de tous les jours, ça reste très léger, parce que c’est ce que je souhaite, avec des refrains qui restent dans la tête et un côté très festif.

Des chansons en français, des chansons en anglais, certaines en franglais : c’est important pour toi ce mélange ?

J’aime jongler avec « mes » deux langues, mais c’est aussi une question de paresse  linguistique parce qu’il y a des moments, il y a un mot qui rime mieux dans une langue que dans l’autre, ou qui exprime un sentiment mieux dans une langue que dans l’autre. J’aime aussi beaucoup le rythme du français et je trouve ça cool ! Et aussi, d’une façon très pragmatique, je me dis que je suis une anglaise en France, j’ai envie d’avoir une carrière dans les deux pays, et c’est plus facile en chantant avec les deux langues : le côté un peu plus exotique d’une anglaise qui chante en français, et en Angleterre, même si on n’est pas très axé sur les langues étrangères, ça donne un petit côté euro-pop qui est assez en vogue.

Quelle est ta formation musicale ?

J’ai fait un peu de piano en Angleterre, mais depuis mes 12 ans, j’ai pris beaucoup de cours de chant, mais pour le classique. Et même si j’ai toujours été attiré par la musique pop ou même la comédie musicale, j’avais dans l’idée d’avoir une bonne base techniquement pour pouvoir ensuite faire autre chose. Et depuis deux ans, je prends plus de cours de chant pour une voix comme je le fais, une voix plus « poitrinée ». Et j’écris depuis très jeune, j’ai toujours écris des petites chansons, poèmes etc. Et depuis tout jeune, j’aime bien me donner en public. Le seul badge que j’ai eu en scout, c’était celui où j’étais « l’entertainer » ! Je chantais une comédie musicale qui n’a jamais eu de succès, Metropolis, et grâce à ça j’ai eu mon badge ! Aussi, à 6 ans j’ai gagné un concours de poème, et je pouvais choisir une super encyclopédie ou un superbe livre. Mais finalement j’ai choisi Winny the Pooh.

Tes influences ?

J’adore David Bowie, The Human League, Kylie Minogue, Madonna. Mais le truc qui me faisait le plus vibrer quand j’étais jeune c’était Blur, Pulp,The Cure, The Smiths. Et aussi les comédies musicales comme je te disais. Ca m’a beaucoup influencé je pense, notamment au niveau d’un univers à créer. Mais en fait, j’ai un peu honte de le dire, mais c’est la vérité, je suis dans une nostalgie permanente et donc je fais très peu l’effort d’écouter la musique des autres. Je ne sais pas trop pourquoi, parce que c’est important de savoir ce qui se passe dans son temps.

D’où vient ton inspiration ? Tu as besoin de t’isoler, c’est un long processus ?

Souvent, quand j’ai une idée, ça sort presque en entier. Par exemple, GPS to my heart, je l’ai écrit sur la ligne 9 du métro. Je n’aime pas être isolé dans le silence, dans ma famille c’est toujours comme ça, on parle toujours dans tous les sens. Par exemple j’aime bien écrire dans les cafés. Et je peux écrire presque sur un coup de tête. Moi je ne peux pas écrire un texte sans une mélodie dans la tête. Après qu’on l’utilise ou pas avec Matthieu, j’ai toujours une mélodie en tête. Et c’est pour ça que j’adore travaillé avec Matthieu qui est central dans ce projet. Dans 3D Lover par exemple, Matthieu a changé un peu alors que pour Montre ta tête sans tes lunettes, on a gardé ma mélodie de départ.

Finalement on se rend compte que la musique est un jeu pour toi, dans le sens où tu deviens aussi une actrice dans le Monkey Anna TV Dinner Show ?

C’est quelque chose de proche de l’univers que je voulais développer avec le Monkey Anna TV Dinner Show, et ça a été le fondement réel de l’univers que je veux développer et pousser encore plus loin dans le projet. Ce que j’adore dans un concert c’est d’être transporté quelque part ; après on adhère ou on n’adhère pas. J’ai voulu créer un univers qui aspire les gens, et on s’est dit qu’est ce qui est plus « aspirant » qu’une télé ? J’aime l’idée de détournement de codes, et ça rentrait un peu là dedans. J’ai toujours aimé la comédie, je joue demain d’ailleurs avec Pierce Brosnan, un petit rôle, mais j’adore ça. C’était une petite parenthèse, mais en effet, j’ai toujours aimé l’aspect théâtral. Je veux vraiment poussé le concept encore plus loin et faire un lien entre un personnage réel et un personnage digital sur scène.

Prête pour La Bellevilloise le 23 août ? Pas trop stressée ?

Oh non ! J’ai très envie de le faire. C’est une soirée pour Time Out Paris, et ils font un apéro avant la rentrée de septembre. Et j’adore tellement être sur scène…après c’est toujours un peu stressant, mais c’est du bon stress. En plus moi je commence hors la scène, et quand j’entends le début, c’est bon c’est parti. J’adore le moment où j’entre sur la scène et vois les gens. Finalement c’est le soir même que je ne dors pas beaucoup, avec l’adrénaline d’après-concert.

Tu seras présente aussi en Angleterre fin août avec le Galtres Festival ? Un retour aux sources ?

En fait je suis totalement ravie par ce festival. En tant qu’anglaise, l’idée de pouvoir retourner dans ma patrie et montrer ce que je fais m’enchante particulièrement. D’autant plus que ce sera dans ma région, y’aura mes amis, ma famille etc. C’est la présentatrice de la BBC à York qui passe beaucoup ma chanson qui m’a parlé de ce festival et m’a mis en contact. Tout était bouclé mais l’organisateur du festival a vraiment aimé ce que je fais et a finalement trouver une place pour me jouer.

Projetons-nous dans le futur : Monkey Anna dans 5 ans ?

Ce que je voudrais, c’est que dans 5 ans je sois sur le deuxième ou troisième album et qu’un label se rende compte du potentiel de mon projet, et faire une grosse tournée avec cette scène, comme je disais tout à l’heure avec les vidéos, ma musique etc. Et que je sois connue pour ça, que je vive de ma musique. Et pourquoi pas aussi écrire pour d’autre en plus de Monkey Anna. Ca peut être une occasion d’aborder d’autres genres, d’autres univers qui n’ont pas forcément leur place dans celui de Monkey Anna mais qui sont intéressant.

Remerciements: Anna Brooke

Baptiste Pépin