Avec l’avènement de la nouvelle scène de sunshine pop américaine, en pleine explosion en ce moment, je pense à Work Drugs, Millionyoung, Brothertiger ou Summer Heart, Velocity Bird arrive et ouvre le bal avec une indie pop dansante inspirée des airs des sixties et qui pourrait sur ce point rivaliser avec les pêchus brooklynois de The Drums ou de Beach Fossils ou autres perles Kitsunniennes. Une bonne pop indé pour les amateurs de Dancefloor, le mariage idéal entre indie-pop, dance music et une new-wave revisitée, plus sophistiquée, subtile et catchy.
http://www.facebook.com/velocitybirdbook
http://soundcloud.com/velocitybird
http://www.deezer.com/fr/music/velocity-bird/panorama-3161981
http://itunes.apple.com/fr/album/panorama-ep/id528001004 (pour acheter l’ep "Panorama" c’est ici)
Velocity Bird (vidéo Velocity Bird "At My Heels"-Twin Shadow cover)
Comment s’est créé Velocity Bird ?
En fait, nous sommes tous issus de formations différentes et on avait envie de refaire un groupe. On ne se connaissait pas, on s’est rencontré et on s’est dit « Pourquoi pas ? ». (Romain)
Je crois qu’on en avait marre de nos autres groupes, ça tournait un peu en rond ! Moi je jouais déjà avec Blan (Théo le batteur) et du coup on a cherché à fonder un nouveau groupe, un peu plus sérieux. C’est vrai que c’est difficile de trouver des gens motivés pour faire de la musique régulièrement…avoir deux, trois répètes par semaine. En fait, moi je connaissais Théo et c’est totalement par amitié que le groupe s’est formé. A la base, on faisait plus du garage rock, dans la lignée des groupes qu’on avait avant. De plus en plus, on s’est rendu compte qu’on écoutait pas mal de pop électro, Passion Pit, Gold Panda, Twin Shadow etc… On a acheté des claviers et on a commencé à réfléchir un peu plus sur notre musique, à élaborer davantage nos morceaux. Maintenant, ça peut prendre un mois, parfois deux pour faire une chanson. (Lisway)
En ce moment, quelle ville considérez-vous comme étant votre port d’attache?
On a pas mal tourné sur Lille et sur Paris principalement, surtout sur ces deux villes…à Reims aussi. Ce n’est pas énorme, mais c’est toujours ça. Après, on aimerait bien toucher plus de monde et jouer un peu partout. (Romain)
Au début, notre public était assez jeune et de plus en plus, on espère pouvoir toucher des personnes un peu plus âgées et un peu plus averties. On espère surtout tourner et conquérir un nouveau public. (Lisway)
Il y a des influences évidentes quand on vous entend Foals, Metronomy, The Drums et Two Door Cinema Club par exemple, et pourtant, vous semblez avoir votre propre style un peu surf pop… c’est difficile de se détacher des gens qu’on a beaucoup écoutés ?
Plus les groupes des années 60 ! Avec mon ancien groupe, je faisais de la surf music un peu garage et c’est vrai que j’aime bien ce côté-là. (Romain)
Ce qui est intéressant c’est qu’on essaie tous d’apporter notre petite touche, cette petite touche un peu surf et nuggets des années 60, et puis après on a tous notre petite spécialité. (Lisway)
Quelle est la spécificité du pad de batterie électronique que vous avez utilisez en concert ?
En fait, c’est un clavier pour batteur, et puis il y a des pads et tu tapes dessus avec des baguettes, mais ça complète un kit batterie logiquement, ça ne prend pas le rôle d’une batterie complète. Ça vient ajouter des sonorités un peu plus électroniques justement. (Théo)
On doit vous le demander souvent, mais quelles sont vos influences principales et y en a-t-il quelques-unes d’assez évidentes ? Metronomy ou bien Twin Shadow ?
Totalement ! Ce sont des groupes qu’on a tous vu en concert, justement Metronomy ou Twin Shadow. Foals énormément, il y a une période où on n’écoutait que ça ! On essaie de s’en détacher un peu car il y a énormément de groupes francophones qui s’en rapprochent. Dans le jeu de guitares, je trouve qu’il y a parfois quelques ressemblances. (Lisway)
Twin Shadow et Metronomy sont les deux groupes sur lesquels nous sommes okey tous les quatre. (Romain)
Pourquoi ces deux groupes ? Une raison en particulier ?
C’est assez bizarre, car ce sont deux groupes assez différents, Metronomy c’est pas mal électro avec des sonorités disco, chez Twin Shadow il y a pas mal de guitares, ils balancent de gros solos. Ce n’est pas forcément ce que Joseph Mount ferait à la guitare sur scène. (Lisway)
On retrouve aussi dans votre musique de doux relents de new wave. Justement la new wave a-t-elle eu une quelconque influence sur vous et votre style ?
Oui, on a beaucoup écouté Talking Heads ou The Cure… (Romain)
Je crois que c’est une des choses qu’on n’a pas perdu depuis nos débuts, avant on appelait notre musique de la «new disco wave», un mélange de new-wave et de disco, mais ça ne voulait rien dire. C’est quelque chose qu’on a gardé, ça se ressent pas mal au niveau des claviers. (Lisway)
Quelle était votre intention principale en lançant ce projet ?
Faire une pop dansante. On a envie de faire danser les gens, c’est ce qu’on revendique. (Lisway)
Justement comment faire danser les gens à Paris ?
Mon cousin m’avait donné un conseil quand on a commencé, il jouait au Pop in, ils avaient pris des pistolets à eau et ils avaient arrosé les gens avant le concert. Apparemment ça avait bien marché, mais on n’a jamais essayé. (Théo)
A Paris, nous avons connu des ambiances totalement différentes, des personnes assises qui ne bougeaient pas et qui hochaient la tête à celles qui dansaient et qui étaient complètement dedans. Je ne sais pas trop comment les conquérir, mais on a joué des sets différents à chaque fois. (Lisway)
Un média comme Les Inrocks vous-t-il aidé dans votre démarche ?
Non pas du tout ! (Romain)
Pour l’instant, on n’a pas été sélectionné par Les Inrocks. On a sorti notre premier EP officiel en avril dernier et du coup on l’a balancé deux mois après aux Inrocks, SFR Jeunes Talents etc… et on espère être choisi un jour. (Lisway)
Vous venez de Lille, pouvez-vous me parler de la scène musicale locale ?
A Lille, il y a beaucoup de groupes et il faut vraiment piocher les bons. (Romain)
Il y a une belle scène à Lille, justement Sylvain le clavier de Louis Aguilar nous a pas mal coachés. La musique à Lille est un petit monde, c’est super sympa, il y a de très bons groupes. Il y a une grosse scène hardcore et métal, mais il y a de la pop, de la folk, du psyché. Louis Aguilar c’est totalement incongru dans le paysage musical lillois. (Lisway)
Dites-moi quel est votre rêve et votre but dans la musique ?
Le rêve de tout le monde, c’est de vivre de sa musique et de pouvoir le partager avec le public. Sur le long terme, c’est ce qu’il y a de plus beau. C’est notre rêve aussi ! Ensuite tourner le plus possible ! La scène c’est vraiment important, pour voir comment le public réagit à la musique que tu fais. (Lisway)
Les concerts, c’est quand même quelque chose de super important, après évidemment sortir un album qui passe sur MTV c’est hyper cool, mais je pense qu’aujourd’hui, surtout avec Internet, ce qui prime c’est la scène. (Théo)
Comment vous voyez-vous dans 10 ans ?
On aimerait pouvoir vivre de la musique, suffisamment pour pouvoir faire ses courses. Mais c’est bizarre, tu peux être signé sur une major, faire un gros flop et ne pas gagner d’argent et à l’inverse être signé sur un indépendant et cartonner. Elisa Tovati qui est signée sur une espèce de grosse major et qui ne fait rien quoi ! Au final je pense qu’il n’y a pas de règles. Nous, ce qu’on veut, c’est pouvoir perdurer avec notre musique ! (Lisway)
On peut prendre l’exemple de Skip the Use qui a commencé dans le fin fond de Ronchin, en banlieue de Lille, il y a une dizaine d’années. Et puis en dix ans, ils ont réussi petit à petit à faire leur truc, même si aujourd’hui ils sont un peu tournés vers le commercial. (Théo)
Pour conclure, quels sont vos projets actuels et futurs ?
Composer et si possible sortir un deuxième EP dans les six, huit mois. (Romain)
Et puis faire un single, avec un clip. On veut vraiment faire quelque chose qui nous ressemble. (Lisway)
Y a-t-il un album complet en préparation?
Un album ce n’est pas quelque chose que l’on considère. Et puis trouver son identité, c’est un peu une bataille perpétuelle. Tu crois que tu as fait quelque chose de super neuf, alors qu’en fait non. Avant de trouver son identité et de pouvoir faire un album, je pense qu’il faut passer par de nombreux EP. Il vaut mieux qu’on prenne notre temps pour trouver vraiment notre créneau et pour imposer notre style. (Lisway)
Remerciements: Velocity Bird, Lisway, Romain, Théo, Adrien


